Cependant, il est regrettable que certains pères usent d'amour conditionnel pour établir des rapports avec leurs
enfants. Cet amour dit : Je t'aime si..., quand..., ou mais... Par ailleurs, l'amour inconditionnel dit : Je t'aime peu
importe ce que tu fais ou le nombre de fois que tu fais de mauvais choix. Même quand nous désapprouvons leur
comportement ou leur style de coiffure, notre amour ne change jamais.

Malheureusement, beaucoup d'enfants grandissent en vivant le contraire : le rejet. La violence infligée aux enfants,
un problème majeur aujourd'hui, se manifeste sous diverses formes, y compris les mauvais traitements physiques et
émotionnels. Celle qui est la plus dévastatrice et courante est la violence verbale, qui détruit l'estime de soi et
engendre des conséquences durables.

Le rejet subtil et moins subtil

Certains parents rejettent ouvertement leurs enfants, au moyen de paroles blessantes comme : « Nous ne te
désirions pas », ou : « Tu ne feras jamais rien de bon ». Puis, il y a des formes de rejet subtiles, comme prendre
toutes les décisions pour un enfant. Cela envoie un message douloureux : « Tu n'es pas capable ou assez sérieux. Je
ne te fais pas confiance. » Des messages de rejet involontaires peuvent aussi causer des dommages importants.
Même si des parents peuvent considérer une remarque peu délicate comme rien de plus qu'un commentaire sans
conséquence, ces paroles peuvent marquer un jeune coeur.

Nous devons être extrêmement prudents pour que nos enfants n'interprètent pas notre désapprobation de leur
comportement comme un rejet de leur personne. Qu'ils soient intentionnels ou inconscients, de tels messages
peuvent laisser des cicatrices profondes et durables. À l'intérieur de chacun de nous vit aujourd'hui l'enfant que
nous étions jadis. Les blessures que nous avons subies et la manière dont nous avons été programmés durant
notre enfance demeurent en nous, influençant souvent nos réactions aux circonstances présentes.

L'amour parental a pour but de refléter l'amour agape du Père céleste.

Je n'oublierai jamais un homme d'un certain âge qui est venu me voir concernant certaines difficultés qui lui
pesaient. Quand une personne traverse des épreuves, je lui pose généralement des questions sur sa relation avec
son père. La douleur dans la voix de l'homme était évidente quand il a répondu : « À l'âge de dix ans, j'ai entendu
mes parents se disputer dans la chambre d'à-côté. Je peux encore entendre mon père dire : " Nous ne voulions pas
de lui de toute façon. " » Une enregistreuse dans l'esprit de cet enfant de dix ans a capté les paroles de son père
irrité, et trente années plus tard, cet « enregistrement » jouait encore. Même si les difficultés de cet homme étaient
réelles, son plus grand problème venait du fait qu'il avait été rejeté par son père trente ans plus tôt. Les parents
devraient prendre garde à l'avertissement de Paul : « Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais,
s'il y a lieu, quelque bonne parole, qui serve à l'édification » (Éphésiens 4.29a).

L'amour parental a pour but de refléter l'amour agape du Père céleste. Dieu accepte ses enfants tels qu'ils sont, peu
importe ce qui arrive ; c'est la base de notre confiance et de notre sécurité.

Mais les gens qui se sentent rejetés se voient comme indignes, insignifiants, mal aimés et inutiles. Chaque aspect de
leur vie peut être affecté par cette mauvaise perception d'eux-mêmes et interprété comme ceci : « Je ne suis pas à ma
place ; je suis indigne et incompétent. » Peu importe quel encouragement les autres leur donnent, ils entendent : « Je
suis un être de second rang et un incapable. » Aucun de nous ne veut que ses enfants soient ainsi accablés ; voilà
pourquoi l'amour inconditionnel est un cadeau essentiel. J'aimerais vous faire part de cinq conséquences
importantes d'un tel amour parental.

1. Il reflète la juste image biblique de Dieu. Le père est la première représentation du Seigneur pour un enfant.
Imaginez un père qui pourvoit aux besoins de ses enfants, qui les protège, les édifie et les guide : il les fait se sentir
dignes, compétents et précieux. Quand il enseigne à ses jeunes enfants à prier en disant : « Notre Père céleste... »,
ces enfants ont une image de Dieu basée sur leur père terrestre, qui est l'autorité principale qu'ils ont connue
jusqu'à ce jour.

Par ailleurs, quand un parent est trop occupé ou exigeant, un enfant peut développer une vision incorrecte du
Seigneur. L'approbation d'un père dur repose sur le rendement : « Si tu fais ceci, alors je ferai cela. » L'enfant va
probablement transférer sa compréhension de son père à sa perception de Dieu, en pensant : Si je réponds à ses
attentes, alors le Seigneur m'acceptera. Mais puisque mon père est dur, Dieu doit aussi me condamner et me juger.
Je ne serai jamais à la hauteur de ses normes. Malheureusement, cette vision bien trop courante présume que
l'acceptation repose sur ce qu'une personne fait plutôt que sur ce qu'elle est. Les enfants ont plutôt besoin de
comprendre que leur père les aime en tout temps, simplement parce qu'ils sont ses enfants.

2. Il prépare la voie pour qu'un enfant croie en Christ comme son Sauveur quand il est jeune. Auparavant, j'avais
quelque hésitation quand je voyais des enfants de cinq ou six ans s'avancer dans l'allée à l'église pour accepter
Christ dans leur vie. Cependant, j'ai appris que, lorsqu'un père pieux aime inconditionnellement, il est naturel pour
son enfant de vouloir le même Père céleste que lui.

À l'opposé, quand des enfants ne ressentent pas l'amour parental dans leur famille, ils ont plus tendance à
s'éloigner du Seigneur. Ils peuvent même comprendre intellectuellement que Dieu est censé les accepter, mais ils
croient que cela devrait aussi s'appliquer à leur père terrestre. S'il en est autrement à la maison, une confusion
s'ensuit, jetant des doutes sur la fidélité du Seigneur.

3. Il favorise une saine estime de soi. Quand le Seigneur a appelé Jacques et Jean à être ses disciples (Matthieu
4.21,22), ils auraient pu répondre : « Jésus, tu nous appelles, nous de simples pêcheurs sans instruction ? Nous
aimerions te suivre, mais nous ne sommes rien, et toi, tu es le Messie. Tu ne voudrais pas qu'on te voie avec des
gens comme nous. » Ils auraient pu formuler toutes sortes d'excuses, mais au lieu de cela, ils ont immédiatement
laissé leurs filets et suivi le Seigneur. Ces deux jeunes hommes ont grandi avec un père qui a travaillé à développer
leur estime de soi ; leur éducation leur a sans doute donné confiance en leur capacité de prendre de bonnes
décisions, si bien qu'ils ont même pu laisser leur père et associé en affaires pour suivre Jésus.

Malheureusement, beaucoup de parents détruisent l'image de soi d'un enfant en confondant actions et personnalité.
C'est une chose de dire : « Ton comportement ne correspond pas à ce que tu es. » Ces paroles envoient un message
positif, à savoir que le parent considère son enfant comme capable, même si son comportement n'a pas été à la
hauteur de son potentiel. Cependant, c'est une toute autre chose de dire : « Tu es nul et tu ne réussiras jamais rien.
» Une telle attaque verbale est dévastatrice pour le coeur d'une personne et peut l'empêcher de prendre de bonnes
décisions. Quand un enfant manque le but, il est tellement plus édifiant de développer son estime de soi en disant :
« Ne t'en fais pas. Je sais que tu vas y arriver. Je vais prier pour toi. »

4. Il empêche les enfants de développer un esprit rebelle. Nous pouvons nous attendre à ce que la plupart des
enfants mettent parfois leurs parents au défi. Après tout, la Bible dit qu'un enfant qui est instruit selon la voie qu'il
doit suivre ne s'en détournera pas « quand il sera vieux » (Proverbes 22.6). Mais les pères devraient se méfier de
réagir avec excès aux situations qui ne sont pas cruciales. Une réaction contenue est moins susceptible d'inciter les
enfants à développer un esprit de rébellion.

Quand les enfants sont aimés inconditionnellement par leurs parents, ils risquent beaucoup moins d'être sujets à
l'hostilité, à la dépression ou au perfectionnisme. Les risques d'apitoiement, de boulomanie, de jalousie et de
promiscuité sexuelle sont aussi amoindris. Cela ne veut nullement dire que nous devions éviter de corriger nos
enfants. La parole de Dieu encourage souvent la correction des enfants (Proverbes 13.24 ; 19.18 ; 22.15 ;
Éphésiens 6.4). Et, bien sûr, notre modèle parfait est le Père céleste, qui corrige ceux qu'il aime et « tous ceux qu'il
reconnaît pour ses fils » (Hébreux 12.6). Les corrections parentales, comme les siennes, doivent être données dans
un contexte d'amour.

5. Il prépare les enfants à tisser de bonnes relations. Quand les enfants sentent la chaleur et l'affection de leur père,
ils grandissent en se sentant aimés et acceptés. Ils sont ainsi équipés pour interagir avec des amis, sans les
critiquer ou essayer de les changer. Les hommes et les femmes qui ont grandi en se sentant acceptés apportent
amour, confiance et sécurité dans leur mariage. Par ailleurs, quand deux personnes rejetées se marient, le foyer
peut facilement devenir un champ de bataille, non parce qu'elles veulent vivre dans la dispute, mais parce qu'elles
ne connaissent aucune autre façon d'interagir. De petites choses engendrent irritation et rejet parce que c'est ainsi
qu'elles ont appris à réagir depuis leur enfance.

Les enfants sont un héritage de Dieu

Comme Psaumes 127.3 appelle les enfants un « héritage de l'Éternel », nous devrions prendre soin de ce don
précieux de Dieu. Développer l'estime de soi dans la vie d'un enfant ne coûte pas d'argent, mais exige un prix
beaucoup plus élevé : investir votre vie (1 Jean 3.16). Donnez à votre enfant de votre temps, non seulement quand
cela vous convient, mais aussi quand il sait que vous avez dû sacrifier autre chose pour être avec lui. Et intéressez-
vous aux choses qu'il considère importantes, même quand cela exige des efforts. Vous vous demandez peut-être :
Comment puis-je y arriver ? Quand vous suivez la direction du Saint-Esprit, vos actions, vos attitudes et votre écoute
attentive peuvent manifester un amour inconditionnel : le plus beau cadeau qu'un père puisse donner.

Questions pour une étude biblique :


Réfléchissez à quel point la vie serait insécurisante si l'amour de Dieu était conditionnel. Méditez sur Psaumes
103.12 et Éphésiens 3.18 pour mieux comprendre qu'aucun péché ne peut nous empêcher de recevoir le pardon et
l'amour de Dieu. Lisez Job 3.1 pour constater que le Père céleste est toujours prêt à nous donner une autre chance.


Demandez à Dieu de vous révéler si vous avez manifesté de la désapprobation d'une manière qui pourrait être
interprétée comme un rejet de la personne. Si le Saint-Esprit vous rappelle une situation, demandez pardon au
Seigneur. Puis, demandez-lui conseil pour présenter vos excuses à la personne que vous pouvez avoir offensée.


Y a-t-il une personne avec qui vous pourriez améliorer votre façon d'interagir ? Lisez Éphésiens 4.29-32 et Colossiens
4.6, en demandant au Seigneur de vous diriger vers le domaine dans votre vie qui nécessite votre attention, et de
vous aider à apporter des changements significatifs.


En 1 Jean 3.16, nous lisons que « nous devons donner notre vie pour les frères ». En ce qui a trait à la vie de tous
les jours, quelles sont des façons concrètes et pratiques de donner votre vie pour les autres ?


Le plan de Dieu pour les pères

Élever des enfants dans les voies de Dieu exige sagesse, efforts et direction divine. À en juger par les récits
scripturaires, réussir en tant que père n'était pas très commun dans les temps bibliques. La parole de Dieu fait état
de nombreux cas où un fils a suivi un mauvais exemple en marchant « dans la voie de son père » (1 Rois 15.26 ;
22.52 ; 2 Rois 21.21). Cependant, Matthieu 4.18-22 présente un des rares exemples positifs de pères : un homme
du nom de Zébédée. Il a dû être un modèle remarquable de père, parce que l'Écriture fait souvent référence aux
disciples Jacques et Jean comme étant les « fils de Zébédée ».

De l'Évangile selon Matthieu, nous pouvons apprendre plusieurs choses sur cet homme. Pêcheur de métier, il
réussissait sans doute assez bien, puisque ses fils et lui gagnaient leur vie de leur entreprise de pêche. Il est
probable que dès leur enfance – peut-être même à l'âge où ils ne pouvaient pas monter seuls à bord de la barque –,
Zébédée les ait instruits à propos de la barque, des rames, des voiles et des filets. Il leur a certainement aussi
enseigné tout ce qu'il savait sur les vents, les tempêtes et la mer, en leur montrant comment déterminer les parties
les plus profondes et les endroits où trouver du poisson. Jacques et Jean ont sans doute aussi observé sa patience,
sa persévérance, sa détermination et son discernement, qui étaient des traits de caractère indispensables pour
exercer ce métier.

Le père est le premier modèle d'autorité dans la vie d'un enfant ; plus son exemple est bon, plus ses enfants seront
prédisposés à se soumettre à l'autorité souveraine de Dieu. En partageant ses intérêts et son temps avec ses fils,
Zébédée développait une relation formidable avec eux. Il ne réalisait pas qu'il préparait Jacques et Jean pour un
grand ministère, mais son exemple et son engagement envers eux développaient des traits de caractère qui leur ont
permis de répondre immédiatement à Jésus lorsqu'ils ont entendu son appel : « [...] Suivez-moi et je vous ferai
pêcheurs d'hommes » (Matthieu 4.19).

Jacques et Jean ont suivi Christ sans hésitation ni réserve. C'est avec confiance que Zébédée les a regardés partir,
sachant qu'il ne les reverrait peut-être jamais. Comme les parents chrétiens qui réussissent aujourd'hui, ce père a
élevé ses fils pour qu'ils deviennent de jeunes hommes intègres, sûrs d'eux, et il a été récompensé en les voyant
passer sagement de son autorité à celle du Fils de Dieu.



Cet article a été traduit et réimprimé avec la permission du magazine En Contact, copyright © 2003 In Touch Magazine, tous droits
réservés. Si vous êtes intéressé à vous abonner à En Contact, visitez leur site internet à http://www.encontact.org/.
Le plus beau cadeau d'un père
Répondre au besoin perpétuel des enfants

Par M. Charles F. Stanley

Les pères offrent toutes sortes de cadeaux à leurs enfants. En tant
que chrétiens, nous réalisons que le cadeau le plus précieux est
celui que notre Père céleste a donné en envoyant son Fils, Jésus-
Christ : sa mort sur la croix a apporté le salut à l'humanité (Romains
6.23). Même s'il est important pour nous de présenter le Sauveur à
nos enfants et de leur expliquer comment avoir une relation éternelle
avec Dieu, nous ne pouvons pas prendre cette décision pour les
autres – pas même pour nos propres enfants. Mais de tous les
cadeaux que les pères terrestres peuvent offrir à leurs enfants, celui
dont ils ont tous besoin et qu'ils désirent, et que Dieu veut que nous
recevions tous, est l'amour inconditionnel.
Le Foyer Chrétien
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