Je me suis rendu récemment à une excursion pour visiter
de la famille dans un petit village à trois heures de marche
de Port-au-Prince. Après avoir parcouru un chemin
constitué de plusieurs collines, je me suis retrouvé à Boyer.
Jouissant de l’air frais des montagnes, je ne savais pas qu’
en ce jour j’allais rencontrer de farouches défenseurs de la
loi de Moise, spécialement du quatrième commandement
du Décalogue, le sabbat...
Avec le Décalogue, le sabbat allait devenir une loi que devait observer chaque Israélite.
En effet dans Exode 20 : 9-11, Dieu ordonne aux enfants d’Israël de travailler six jours,
au septième jour ils ne feraient aucun ouvrage, ni leurs enfants, leurs serviteurs, leurs
bétails, ni l’étranger qui est dans leurs portes, car c’est le jour du repos de l’Eternel. La
raison de cette loi est donnée au onzième verset lorsque Dieu déclare qu’Il a fait les
cieux, la terre et tout ce qui s’y trouve en six jours et ensuite s’est reposé, a bénit et
sanctifié le septième jour. Israël devait donc respecter le jour du repos. Il semble que ces
différents passages précités indiquent un mode de vie que le Créateur prescrit à toutes
ses créatures. L’auteur du Nouveau Dictionnaire Biblique écrit avec justesse : « Dieu
s’est arrêté en considérant et en bénissant toute l’œuvre accomplie; l’homme est appelé
à participer à cette bénédiction et à interrompre aussi son travail, en ce jour sanctifié.(2)»
A l’arrivée du peuple dans les plaines de Moab, Moise prit du temps pour rappeler les
ordonnances de l’Eternel à cette génération qui allait traverser le Jourdain pour
conquérir Canaan. Dans Deutéronome 5 :12-15, Il reprend l’ordonnance donnée par
Dieu en Exode 20. Dans le texte du Deutéronome, Dieu donne une autre raison pour
laquelle le sabbat devait être observé : « Tu te souviendras que tu as été esclave au pays
d’Egypte, et que l’Eternel, ton Dieu, t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu : c’est
pourquoi l’Eternel ton Dieu, t’a ordonné d’observer le jour du repos. » Le quatrième
commandement allait être l’une des marques distinctives du peuple juif et constitué un
point central dans leur vie religieuse dans tout l’Ancien Testament. Mais il faut bien
comprendre que le sabbat n’avait pas seulement un aspect négatif, c’est-à-dire de s’
abstenir de travailler le septième jour, mais il avait également un aspect positif. En ce
jour consacré à l’Eternel, des sacrifices d’animaux et des holocaustes devaient être faits
en l’honneur du Dieu d’Israël. L’observation du sabbat par le peuple était un acte de foi
où ce dernier montrait sa confiance en un Dieu qui pourvoit à ses besoins. Avec la mort
de Josué nous voyons un peuple qui observe les ordonnances de la loi par intermittence.
En lisant les Evangiles, nous retrouvons un peuple qui pratique le sabbat de manière
légaliste et intéressée. En effet, les pharisiens imposèrent le sabbat comme un véritable
joug. Car, même des actes de compassion étaient interdis en ce jour : ils s’opposèrent à
Jésus parce qu’Il guérissait le jour du sabbat. Les chefs religieux y ajoutèrent des
ordonnances qui étaient en dehors de la loi et qu’ils n’observèrent point eux mêmes.
C’est pour cette raison que Jésus s’opposa à eux avec véhémence. Il donna au sabbat un
sens beaucoup plus profond qu’une simple observation légaliste lorsqu’il déclara que «
le Fils de l’homme est le maître du Sabbat » Matthieu 12 :8.
Dans l’église primitive, le sabbat était un sujet de controverse. Certains enseignaient
que tous devaient l’observer. L’apôtre Paul encourageait la liberté individuelle par
rapport au sabbat. Nul ne devait être juge parce qu’il faisait la distinction entre les jours
ou parce qu’il les considérait tous égaux. L’auteur de l’épître aux Hébreux voyait en cette
ordonnance « une image du repos de la foi que nous avons en Christ » (3). Bien que le
Nouveau Testament n’encourage pas l’observation légaliste du sabbat, il montre
clairement que le principe du sabbat comme repos est toujours en vigueur. Certains
objecteront pour dire que le sabbat fait partie de la Loi, donc l’observation de ce
commandement n’est pas pour l’église d’aujourd’hui. Mais il faut se rappeler que le
repos était établi bien avant le Décalogue. Par conséquent, ce commandement n’est pas
adressé uniquement aux juifs mais à tous les hommes vivants sur cette terre. Ron
McIntosh écrit avec justesse « Il (Dieu) ne s’est pas arrêté pour se reposer parce qu’Il
était extenué, mais parce qu’Il voulait nous montrer la voie. Ce principe n’est pas logé
simplement dans l’Ancienne Alliance» (4). De plus, Jésus a donné au sabbat un sens
beaucoup plus profond. Il a rejeté l’idée qui était véhiculé dans son temps que le
quatrième commandement consistait dans l’observation d’un jour sans en discerner
l’objectif de Dieu pour l’homme. Dieu désire le repos pour l’être humain dans toute sa
dimension. Pour Jésus, le sabbat est non seulement une cessation de travail, mais une
opportunité d’avoir la communion avec le Créateur. Dieu donne le repos pour le corps et
pour l’âme. Jésus et les auteurs du Nouveau Testament mettent l’emphase sur le « repos
». C’est dans cette perspective que l’église primitive se réunissait le premier jour de la
semaine, pour adorer et s’exhorter mutuellement (Actes 20 :7 ; 1 Corinthien 16 :2).
Il est impératif pour les chrétiens du 21eme siècle de mettre de côté un jour particulier
où ils s’adonnent à l’adoration, la méditation de la parole et la prière. Car la Bible
indique que Dieu a toujours voulu que sa création observe un jour de repos. Nous vivons
dans un monde où le repos est synonyme de perte de temps. Même certains ministres
de l’évangile pensent que le repos n’est pas pour eux. Il est capital que nous sanctifions,
mettions à part, un jour où nous cessons toutes nos activités séculières pour passer du
temps avec le Seigneur. En ce jour, certains devront fermer leur téléphone portable,
leurs ordinateurs, d’autres devront mettre leurs montres de côté. En observant le repos
de Dieu, nous jouirons du rafraîchissement spirituel et physique qu’Il nous a réservé.
Nous devons toujours nous rappeler que le Seigneur désire notre bonheur et qu’Il «
bénit le sabbat et le sanctifie dans l’intérêt des hommes…» (5)
(1) Baker Encyclopedia of the Bible Volume 2
(2) Alfred Kuen, Nouveau Dictionnaire Biblique, Edition Emmaus, 1992
(3) Idem
(4) Ron McIntosh, The Quest for Revival, Harisson House, Tulsa, Oklahoma, 1997
(5) Bruce K. Waltke, Genesis : A Commentary, Zondervan, Grand Rapids Michigan, 2001
Bibliographie
Alfred Kuen, Nouveau Dictionnaire Biblique, Edition Emmaus, 1992
Bruce K. Waltke, Genesis : A Commentary, Zondervan, Grand Rapids Michigan, 2001
Baker Encyclopedia of the Bible Volume 2, Grand Rapids, Michigan, U.S.A.: Baker Pub
Group, 1988
Ron McIntosh, The Quest for Revival, Harisson House, Tulsa, Oklahoma, 1997
Et s’il fallait observer le sabbat ?
Source: www.aleloo.com
par Jean Valéry Vital-Herne
En substance, leur argument était que si l’on se
dit enfant de Dieu, on devait respecter le jour du
repos de l’Eternel comme prescrit dans la Loi.
Mais que dit la Bible sur ce sujet ? Quelle est la
valeur de ce commandement pour les chrétiens
du 21eme siècle ?
La première mention du sabbat est faite dans
Genèse 2: 2-3 : Dieu se reposa (Heb. shabbath),
c’est-à-dire qu’Il cessa son œuvre dans la
création après six jours et bénit le septième jour
en la sanctifiant (1) . Dieu donna le sabbat aux
enfants d’Israël après leur sortie d’Egypte dans
Exode 16 : 23, avant le Décalogue. Bien que la
Bible n’ait pas mentionnée l’observation du
Sabbat entre le récit de Genèse 2 et Exode 16
Pour Jésus, le
sabbat est non
seulement une
cessation de
travail, mais une
opportunité d’avoir
la communion avec
le Créateur.
beaucoup de savants bibliques soutiennent qu’il serait très probable que les patriarches
l’eurent pratiqué.